Décolonisons-nous, le livre qui incarne le racisme subi

Par Pandou Media

L’auteur derrière le compte Instagram Décolonisons-nous sort de son anonymat avec un livre du même nom. Rencontre avec Frank Lao.

 

Le compte Instagram Décolonisons-nous compte près de 200 000 abonnés. Lancé il y a 4 ans, son auteur a longtemps gardé l’anonymat. Avec le livre du même nom, paru aux éditions Nouveaux Jours le 4 octobre, Frank Lao confie son récit personnel, jalonné par le racisme que lui, sa famille ou son entourage ont vécu. Il apporte également une lecture sur la société contemporaine, son héritage colonial et les inégalités qui perdurent.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Mes motivations premières ont été de partir de mon expérience personnelle pour montrer comment une personne perçue comme asiatique a pu rencontrer le racisme tout au long de sa vie, de l’enfance à l’âge adulte.

Comment se situe la France par rapport au racisme selon vous ?

J’en ai écrit un bouquin… Pour moi, le plus important a été de mettre en lumière le fait que le racisme en France est systémique, structurel, qu’il s’exprime d’une large façon sur une échelle de violences racistes. Elle commence par ce qu’on appelle le racisme ordinaire qui fait partie intégrante du racisme plus large. J’ai voulu montrer que le racisme est protéiforme et qu’il touche tous les aspects de la société.

 

 

Vous avez partagé de nombreux exemples personnels où vous avez été vous-même confronté au racisme. Pourquoi cette volonté de mettre en avant votre intimité ?

Cette perspective intime me permettait de raconter comment j’ai vécu ce racisme, quelles en étaient les spécificités. Puis en élargissant de manière plus sociologique, plus historique, cela m’a permis d’inscrire le racisme envers les Asiatiques dans un racisme plus large qui s’exprime à travers les institutions : dans la santé, la culture, le divertissement, le spectacle, l’éducation, les politiques, etc.

Vous abordez Bruce Lee dans le livre comme un modèle. Pourquoi ?

Bruce Lee a été pour moi un modèle de puissance contre l’oppression, comme dans ses films. Je me souviens d’une scène dans un jardin où on lui refuse l’entrée parce qu’il est chinois, et il y a une pancarte où il est inscrit « Interdit aux chiens et aux Chinois ». On y voit une femme avec un chien passer. Dans cette scène-là, je me suis reconnu, moi, enfant, dans la cour de récré, lorsque j’ai dû me confronter à des comportements racistes. A l’époque je n’avais pas les mots pour me défendre et la figure de Bruce Lee a été importante car elle a participé à ce que je ne me laisse pas faire.


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