Line Papin revient avec un nouveau roman : Le cœur en laisse

Line Papin passe ses dix premières années au Vietnam, entre l’authenticité du pays de sa mère et le milieu privilégié de son père, alors directeur de l’École française à Hanoï. Révélée en 2016 avec un premier roman enfiévré, L’Éveil, qu’elle publie à dix-neuf ans, elle fait figure de génie précoce dans le milieu littéraire. Après Les Os des filles (2019), où elle retraçait l’histoire de sa famille du côté maternel, elle revient à la fiction avec un nouveau titre, Le Coeur en laisse, paru le 3 mars. Portrait d’une jeune romancière dont la réserve apparente ne bride pas la prose, subtile et fougueuse.
[Texte : Sophie Kloetzli. Photo : Philippe Matsas / Stock]

En rejoignant Line Papin, le vertige laissé par la lecture de son dernier-né, Le Coeur en laisse, est encore bien présent. Une sensation à laquelle la romancière nous avait habitués dans ses trois précédents livres, portés par une plume vive et délicate qu’elle met cette fois-ci au service des errances d’un écrivain à succès tombé amoureux au point de se perdre et d’en oublier la littérature.

« Je me suis beaucoup amusée en l’écrivant. Après Les Os des filles, j’avais envie d’écrire quelque chose avec des rebondissements, un peu d’humour », nous confie celle qui, contrairement à son héros, ne perd pas son cap. « Je ne me repose pas vraiment, j’ai toujours besoin d’avoir un projet. Comme je travaille chez moi, je ne peux pas ne rien faire », sourit-elle derrière son masque blanc. Sobre et mesurée, comme son apparence ce jour-là sous le soleil d’hiver qui baigne Paris — jean bleu foncé, bottines et manteau noir classique qu’illumine discrètement un foulard imprimé.

Tourner la page du Vietnam 

Elle sait déjà que, pour ses lecteurs les plus fidèles, ce roman très parisien où l’on côtoie le milieu de l’édition et les vernissages mondains ne manquera pas de susciter la surprise. « Comme je m’étais beaucoup livrée sur mon histoire et que j’avais été le personnage des Os des filles, j’avais envie de revenir à la fiction, d’inventer un personnage qui soit assez proche de moi mais aussi très opposé puisque c’est un homme de quarante ans », expose-t-elle. Sa voix très douce à la diction articulée, sa timidité qu’elle évacue çà et là avec des rires, tout cela tranche avec le tumulte des sentiments qu’elle déploie dans ses textes peuplés de personnages exaltés, tourmentés. On devine que l’écriture doit être pour cette introvertie l’exutoire idéal.

Elle poursuit : « Le livre contraste avec l’émotion que j’avais en écrivant ce pr.c.dent roman, qui était plus personnel, plus intense, plus sombre. Il y a plus de lumière dans Le Coeur en laisse. Je pense que Les Os des filles m’a permis de me libérer de certains sujets ».

Cet article est à lire en version intégrale dans Koï #21, disponible en ligne ou en kiosque.


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