Miniso : le géant chinois entre les mains d’Ariel Wizman

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Spécialisé dans les biens de grande consommation, la chaîne Miniso, fondée en 2013 par l’entrepreneur chinois Ye Gofu et le designer japonais Miyake Junya, est en train de conquérir le monde. Avec 4 200 boutiques dans plus de 80 pays, le géant chinois a posé  pour la première fois ses valises à Paris, deux semaines avant le confinement. Cela a été rendu possible grâce à l’ancien journaliste de Canal +, Ariel Wizman qui a obtenu la franchise exclusive de la marque.
[Texte : Léa Berrod – Photos : Karen Assayag]

Quels sont les retours après deux semaines d’ouverture de la première boutique Miniso en France ?

Je n’aime pas me vanter mais tout le monde adore Miniso. Nous avons eu des files d’attentes historiques. Il y avait tellement de monde que les gens pensaient que c’était pour la collaboration entre Suprême et Louis Vuitton. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est la découverte d’un univers mais pour les personnes d’origines asiatiques, ils retrouvent quelque chose à laquelle ils n’avaient pas accès auparavant. La boutique est un voyage et c’est ce qui manque aux Français en ce moment.

N’est-ce pas osé d’ouvrir en période de crise sanitaire ?

Nous ne sommes pas des gens qui avons peur, nous restons plutôt optimistes. Nous nous sentons très en résonance avec les Asiatiques qui, quoiqu’il arrive, entreprennent et continuent toujours d’avancer. Ce n’était pas simple d’obtenir la master franchise pour la France. Il y avait des grands concurrents et des groupes de distribution. Je ne croyais pas du tout que nous l’aurions et pourtant, grâce à notre combativité nous l’avons finalement eu.

« Miniso propose la marque, le packaging, le design, la qualité et des licences comme Marvel. »

En quoi Miniso se démarque-t-il de ses principaux concurrents (Amazon, le groupe Alibaba…) ?

Miniso a une philosophie. C’est une marque avec des valeurs et des process de fabrication qui vont devenir écologiques. Miniso propose la marque, le packaging, le design, la qualité et des licences comme Marvel. Ce sont des produits au design original avec de hautes exigences en qualité. Il n’y a vraiment aucune raison d’aller ailleurs.

Dans une interview pour Numéro, vous parliez de vous lancer dans le luxe abordable, est-ce toujours le cas ?

Cela a un peu égaré les gens lorsque j’ai parlé de « luxe abordable ». Pour moi, le luxe est quelque chose que l’on trouve lors d’un voyage, c’est le plaisir de l’acte d’achat mais aussi la sensation qu’on va ajouter un peu de réconfort dans sa vie. Pour d’autres, c’est l’artisanat ou des choses chères et voyantes. Ce n’est pas le cas de Miniso qui est plus un luxe de confort.

Comment voyez-vous l’avenir de Miniso en France ?

Nous ferons certainement des partenariats lorsque nous aurons d’autres boutiques. Avec une seule, c’est comme prendre un canon pour tuer un moustique, cela ne sert à rien. D’ailleurs, une deuxième boutique va ouvrir à la fin du confinement dans le centre commercial Grand Plaisir. Le but est d’implanter la marque dans d’autres régions : Île-de-France, Hauts-de-France, Rhône-Alpes… Nous sommes également en train de finaliser la logistique de notre e-shop pour que les produits restent accessibles en période de confinement.


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