Le plumfoot : un sport populaire d’Asie qui fait voltiger de jeunes Français

numéro 23 reportage sport

Inventé en Chine il y a plus de 2 000 ans, le jian zi ou plumfoot en français est joué depuis une vingtaine d’années dans l’Hexagone. De son état embryonnaire à sa structuration nationale, jusqu’à l’organisation d’une Coupe du monde en 2019, son exercice en France allie pratiques traditionnelles et inspiration des disciplines urbaines occidentales pour promouvoir un sport spectaculaire et inventif.
[Texte : Weilian Zhu – Photos : Emeric Fohlen]

Sous sa grande verrière, le passage des Jacobins à Paris est traversé par des rythmes de hip-hop : breakers voltigeant au sol, poppers contorsionnés en quatre, slalom de freeriders ... Ce grand hangar vitré coincé entre quatre immeubles haussmanniens devient tous les dimanches le temple des disciplines urbaines. Parfois, par-dessus cette colonie improvisée, passe un volant aux plumes roses. À la réception : Frédéric Viana Gomes, casquette noire et pull vert, qui, de sa plante du pied droit, relance le volant dans son dos. Acclamations autour : il vient de réussir « l’apsara », référence à une déesse cambodgienne dont la danse est proche de cette figure. Les passants sont intrigués, un vieil homme asiatique est ravi : « Comment ça se fait que vous jouiez à ça ? »

Un sport asiatique encore confidentiel en France

« Ça », c'est le plumfoot . Aussi appelé jian zi  en chinois, ou đá cầu en vietnamien, il serait né voilà plus de 2 000 ans en Chine, et sa pratique jamais démentie dans les rues et les parcs des pays de l’est et du sud-est asiatique. Considéré comme un sport très accessible, son unique matériel — le volant — est traditionnellement constitué de quatre plumes de coq attachées à quelques sapèques. Probablement dérivé du cù jū  (jeu de jonglage de ballon utilisé par les soldats chinois pour travailler leur dextérité), le plumfoot consiste à s'envoyer seul ou à plusieurs le volant.

Une fois en l'air, le volant prend vie et devient un partenaire, un être à choyer, autour duquel on se plie, s'élance, se libère.

Avec le temps, la discipline s'est diversifiée. La traditionnelle, appelée aussi freestyle, qui peut se jouer partout, met à l'honneur la créativité et les relances acrobatiques. « C'est une création perpétuelle, explique Frédéric Viana Gomes, menuisier dans la vie. Il y a bien évidemment des gestes venus du football, mais rien n'est figé. Chez moi, j'y ajoute des techniques de boxe thaïe, de karaté. »  

Cet article est à lire en version intégrale dans Koï #23, disponible en ligne ou en kiosque.


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